samedi 20 mars 2010

L'Africain dans le classement FORBES

Le magazine Forbes a publié sa liste des 1.125 premiers milliardaires du monde (en dollars). Dans cette liste, on peut extraire les africains, et voici donc la liste des africains qui officiellement milliardaires (ceux qui ont une fortune et peuvent la justifier en somme):

  1. 60è- Naguib Sawiris (Egypte – 12,7 milliards $)
  2. 68è – Nassef Sawiris (Egypte – 11 milliards $)
  3. 96è – Onsi Sawiris (Egypte – 9,1 milliards $)
  4. 173è – Nicky Oppenheimer & famille (Afrique du Sud – 5,7 milliards $)
  5. 284è – Johann Rupert & famille (Afrique du Sud – 3,8 milliards $)
  6. 334è – Aliko Dangote (Nigéria – 3,3 milliards $)
  7. 503è- Patrice Motsepe (Afrique du Sud – 2,4 milliards $)
  8. 605è – Donal Gordon (Afrique du Sud – 2 milliards $)

Les 8 plus riches africains pèsent donc à eux seuls 50 milliards $, soit environ 21.305 milliards de CFA (soit 9 fois le budget 2008 de l’Etat camerounais).

On remarque aussi qu’Aliko Dangote est le seul milliardaire issu d’un pays non présent parmi les dragons historiques de l’Afrique; ainsi que la présence d’un noir dans les riches sud-africain (la conséquence du black-empowerment probablement).

mercredi 3 mars 2010

Qui a peur de la Chine ?

La phobie chinoise est devenue une réalité en occident. Cependant l’Afrique doit-elle suivre les avis des anciennes puissances coloniales ?

Qui a peur de la Chine ?

La phobie chinoise est devenue une réalité très partagée dans le monde aujourd’hui. Elle est d’autant plus amplifiée qu’elle est aussi et surtout portée par ceux qui jusqu’à une date récente, tenait encore le leadership mondial toutes catégories.

La Chine qui ne fait pas partie du G8, à savoir les pays soit disant les plus puissants du monde, vient ainsi réécrire l’histoire en lettre de puissance économique.

Entre les Etats-Unis et la Chine, les deux protagonistes de la nouvelle géopolitique mondiale, c’est la guerre froide. Mais elle diffère nettement de l’autre guerre froide qui opposa les mêmes Etats-Unis à l’union soviétique. Hier l’enjeu était la maîtrise de l’armement et de l’espace. Aussi les deux se lancèrent dans une course aux armements qui finit par ruiner l’union soviétique et permettre ainsi aux Etats-Unis de monter sur le toit du monde.

Aujourd’hui les armes ont changé de nature. Elles sont désormais financières et monétaires. C’est à qui réussira à maintenir sa monnaie au niveau le plus bas possible par rapport à celle de son concurrent. C’est à qui réussira à vendre plus qu’il n’achètera à l’autre ; C’est à qui réussira à endetter l’autre à son profit.

Surtout ces terrains justement, la Chine a pris une avance considérable avec un excédent sur les Etats-Unis qui s’établissait en 2005 à 202 milliards de dollar et qui en 2006 devaient connaître une progression de 15%. Cette Chine dont le commerce extérieur représente 70% du PIB et les exportations 40% finance le tiers du déficit américain par le placement de ses réserves de change - évaluées à plus de 1000 milliards de dollar - en bons de trésors américains. Ces bons sont aujourd’hui évalués à 320 milliards de dollar.

Et c’est ici que se situe la peur des stratèges américains transformée parfois en haine anti-chinoise auprès des législateurs - depuis 2005, près de 27 projets de législation commerciale anti-chinoise ont été introduit au Congrès américain. Et c’est une peur justifiée car, si la Chine décidait de se délester de ses bons de Trésor, la conséquence serait pour les Etats-Unis la chute du dollar, la flambée des taux d’intérêt et l’inflation.

Face à cette offensive chinoise, les observateurs ne voient que deux manœuvres américaines : Susciter, selon le vœu du lobby anti-chinois de Washington, une indépendance de Taiwan, la province rebelle de Chine, pour tenter de distraire celle-ci dans une guerre qu’elle n’hésiterait pas à lancer contre les indépendantistes taiwanais. Mais un tel conflit serait à la fois néfaste à la Chine mais aussi aux Etats-Unis et ses alliés de l’Asie que sont le Japon et la Corée du Sud. Ceci, eut égard à l’imbrication des deux économie.

Les Etats-Unis peuvent aussi voguer à contre courant en faussant les règles de l’OMC. Ainsi élèveront-ils des barrières face à l’offensive des produits chinois. Une telle éventualité est aussi non envisage en raison de son caractère archaïque.

Pour autant les Etats-Unis et la Chine ne sont nullement sur le pied de guerre. Au-delà des peurs parfois amplifiées des ultra des deux camps, les deux pays ont réussi à créer un espace de négociation, conscients que l’avenir de l’économie mondiale dépend du comportement qu’ils auront.

Compte tenu du tableau ci-dessus qui montre qu’elle a réussi à faire plier une jambe à la superpuissance américaine, il est tout à fait compréhensible que les autres régions du monde redoutent la Chine. L’Europe, qui avait tenté une résistance et même quelques offensives désespérées, a depuis compris qu’il faut négocier et chercher comment tirer meilleure partie de l’extraordinaire croissance chinoise. L’Europe a accepté que la Chine deviennent pour elle la grande usine du monde où elle ira s’approvisionner en se pliant au dictat du communisme de marché chinois.

La peur des autres

Mais l’Afrique qui devrait aussi s’organiser pour s’arrimer à la locomotive chinoise au meilleur de ses intérêts, se laisse communiquer des peurs qui ne sont pas les siennes. Portés par ceux qui depuis plus d’un siècle n’ont pas pu offrir à l’Afrique les moyens de son décollage économique, certains clichés tendant à présenter la Chine comme le grand Satan dragon venu juste ponctionner le pétrole africain et piller les autres matières premières, sont distillés à travers les grands médias. Tout ceci, pour empêcher aux africains de rester lucides dans leurs relations avec la Chine.

C’est conscient de cette réalité que le cabinet MIQ conseil a organisé le 22 février dernier à Paris, une rencontre sur le thème : « l’union africaine et enjeu chinois ». Autour d’une brochette d’experts dont Me Jean Claude Beaujour, Jean Marie Agboton, Yvonne Lieu Cheng ou encore Patrice Passy, modérateur de la matinée, il était question de répondre entre autre à cette interrogation : l’Afrique peut-elle avoir la maîtrise de sa relation avec la Chine ?

Et c’est ici que se situe tout l’enjeu que devrait venir étouffer tous les clichés du genre : « la Chine va vous envahir », « elle n’a besoin de vous que pour vos matières premières ». A l’ouverture des débats, les participants ont écouté le ministre conseiller de l’ambassade de Chine qui promet à l’Afrique « une relation de partenariat gagnant-gagnant ».

Même s’il trouve justifiés certaines accusations à l’instar de l’importation de la main d’œuvre chinoise, le diplomate chinois, ancien président de l’université diplomatique de Pékin, promet que la Chine y remédiera en formant des ouvriers qualifiés africains.

Il souligne que la Chine a besoin de l’Afrique non seulement pour ses matières premières - qu’il dit vouloir mettre en valeur - mais aussi pour des raisons stratégiques parce que la Chine veut promouvoir un monde multipolaires. De son coté, comme l’a souligné tous Me Beaujour, « les Etats africains doivent s’organiser entre eux s’ils veulent être un acteur dans le dialogue avec la Chine. Sinon, chacun ira à la soupe à son tour et le résultat sera bien minable ». Ce rôle est dévolu à l’union africaine qui doit pour cela opérer une prise de conscience sans précédent.

Complément d’infos

Vu sur le site strategy.net

Si l’on appelle l’année 1960 l’« année de l’indépendance de l’Afrique », pendant laquelle dix-sept pays d’Afrique ont proclamé leur indépendance, alors, on a bien raison de considérer 2006 comme l’« année de l’Afrique en Chine », marquée par une série d’activités comme la visite du ministre des Affaires étrangères Li Zhaoxing dans six pays d’Afrique, la publication du Document sur la politique africaine de la Chine, la célébration du 50e anniversaire de l’établissement de relations diplomatiques entre la Chine et l’Égypte et le 3e Forum sur la coopération sino-africaine qui se tiendra l’automne prochain.

Coopération tous azimuts

Chaque année, le lieu de la première visite à l’étranger du ministre des Affaires étrangères de Chine est l’Afrique. C’est une règle tacite appliquée depuis plusieurs années. Au début de 2006, Li Zhaoxing a visité le Cap-Vert, le Sénégal, le Mali, le Libéria, le Nigéria et la Libye, manifestant que la Chine accorde toujours de l’attention à son amitié avec l’Afrique.

L’ex-ministre des Affaires étrangères, Qian Qichen a écrit dans Dix histoires d’un diplomate : « Après le Nouvel An de 1991, j’ai visité l’Éthiopie, l’Ouganda, le Kenya et la Tanzanie. En janvier 1992, j’ai encore visité six autres pays d’Afrique soit le Mali, la Guinée, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Ghana et la Namibie, et suis passé par l’Afrique du Sud. Depuis lors, il s’est formé une habitude, la visite en Afrique en début d’année. »

Selon Dai Yan, diplomate posté en Afrique pendant longtemps, la visite en Afrique du ministre des Affaires étrangères chinois au début de l’année a commencé avec Qian Qichen et s’est poursuivie avec Tang Jiaxuan et Li Zhaoxing. Il serait possible qu’on la continue. Les pays d’Afrique apprécient beaucoup cette visite qui traduit l’importance que la Chine attache à leur continent.

Par ailleurs, au début de 2006 a été publié le Document sur la politique africaine de la Chine qui, pour la première fois depuis cinquante ans, expose sous forme de document gouvernemental les principes des relations sino-africaines et fait un bilan stratégique de ces relations. Le sous-ministre des Affaires étrangères Lu Guozeng a également indiqué que la Chine met l’accent sur le développement des relations avec l’Afrique.

Les pays d’Afrique suivent attentivement ce Document. Ils estiment que la Chine est une partenaire équitable. L’ambassadeur de Zambie en Chine, David Clifford Saviye, a dit lors d’une interview : « L’économie chinoise est en redressement, tandis que le développement constitue un problème urgent pour l’Afrique. Nous pouvons utiliser des capitaux chinois pour développer notre économie. Ce serait une situation d’avantages réciproques. » Bien sûr, le Document ne souligne pas seulement la coopération économique ; il avance un principe de coopération tous azimuts, par exemple dans le domaine de la paix et de la sécurité. Le Document note quatre secteurs : la coopération militaire, la résolution des conflits et le maintien de la paix, la coopération judiciaire et policière, et la coopération dans le secteur des nouvelles menaces à la paix. C’est une première dans l’histoire des relations sino-africaines. Les échanges culturels entre la Chine et l’Afrique sont en plein essor. Le 28 janvier 2006, Radio Chine Internationale (CRI) a ouvert sa station à modulation de fréquence à Nairobi, au Kenya. C’est la première station de CRI à l’étranger ; elle diffuse dix-neuf heures par jour en anglais, chinois et swahili, permettant aux peuples chinois et africains de mieux comprendre leur culture mutuelle. En automne 2006, la 3e Conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine se tiendra à Beijing. Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères de Chine a souligné que la Chine a l’intention de faire de cette conférence un sommet. Le gouvernement chinois intensifie cette année les échanges politiques avec l’Afrique, y compris les visites mutuelles de haut niveau et les échanges de personnel de divers niveaux. La coopération économique et commerciale sera également approfondie. Selon Dai Yan, cela promet des progrès décisifs des relations sino-africaines cette année.

Coopération sans condition

Lors de la première Conférence au Forum sur la coopération sino-africaine tenue à Beijing en 2000, les deux parties ont signé plus de 40 contrats commerciaux. De 2000 à 2005, le commerce bilatéral a connu un développement rapide. Seulement en 2004, les exportations chinoises vers l’Afrique étaient de 13,08 milliards de USD, soit une augmentation de 36 % par rapport à l’année précédente. La Chine est devenue le troisième partenaire commercial de l’Afrique après les États-Unis et la France.

« Nous espérons conjuguer nos efforts avec ceux de l’Afrique pour coopérer dans divers domaines, y compris l’exploitation de l’énergie », a dit Li Zhaoxing avant sa visite en Afrique. En Zambie, des entreprises d’État et privées de Chine ont investi plus de 100 millions de USD dans l’exploitation des mines de cuivre. En Sierra Leone, des entreprises chinoises ont investi 200 millions de USD dans le tourisme local. L’Angola et la Chine ont signé un accord commercial d’une valeur de 2 milliards de USD, selon lequel l’Angola vend à la Chine le pétrole et le droit d’exploitation du pétrole. Au Soudan, la compagnie chinoise fournit la plupart des techniques pour construire un barrage hydroélectrique qui a nécessité un investissement de 1,2 milliard de USD.

Face à la concurrence commerciale, des « rumeurs » de plus en plus nombreuses touchent la Chine. Des pays occidentaux se plaignent des investissements et de l’assistance de la Chine en Afrique, car leurs compagnies ont souvent échoué dans l’adjudication. Selon Dai Yan, la cause réside dans les pays occidentaux eux-mêmes. Prenons les États-Unis par exemple : avant les années 1990, ils considéraient l’Afrique comme un champ de guerre froide dans leur rivalité avec l’Union soviétique. Puis, l’administration de Clinton y a entrepris l’investissement et le commerce, sans toutefois croire à l’importance stratégique de l’Afrique. Lorsque Bush s’est porté candidat aux élections présidentielles, il a dit franchement que l’Afrique n’appartenait pas à la sphère d’intérêt stratégique des États-Unis.

Alors, pourquoi l’Afrique est-elle devenue stratégique d’après Washington ? Selon Dai Yan, il y deux raisons. La première est l’énergie. La région sub-saharienne est riche en pétrole, le Nigéria, la Guinée équatoriale, le Cameroun, le Gabon, l’Angola et le Tchad possèdent de vastes champs pétrolifères. On peut dire que le pétrole a changé le point de vue des États-Unis sur l’Afrique.

L’autre est liée à l’antiterrorisme. D’après les États-Unis, le pouvoir politique de certains pays d’Afrique n’est pas stable, et ces régions pourraient devenir des camps de terroristes. Selon un reportage du journal d’Espagne Vanguardia, la différence fondamentale entre la Chine et les pays occidentaux est que la première est assidue et active, et son assistance est sans condition. Les Chinois ne provoquent jamais de problèmes politiques sur le régime et les droits humains. La Chine n’a non plus de sombre histoire de colonialisme comme en ont certains pays occidentaux envers l’Afrique. Principe inchangé

D’après certains experts occidentaux, dans les vingt dernières années du XXe siècle, la Chine a quitté l’Afrique parce qu’elle ne pouvait concurrencer l’Occident, et qu’elle faisait face aux conflits rigoureux émanant de sa transformation économique. Wang Qinmei, chercheur supérieur sur les questions africaines, a indiqué pour sa part que la Chine attache toujours de l’importance aux relations amicales avec l’Afrique. Comme amie du peuple africain, la Chine n’a jamais abandonné l’Afrique. La première génération de dirigeants chinois, ayant à sa tête Mao Zedong, sont fondateurs des relations amicales sino-africaines.

La politique à l’égard de l’Afrique qu’ils ont formulée est dans l’intérêt du patriotisme et de l’internationalisme. La deuxième génération de dirigeants ayant à sa tête Deng Xiaoping a poursuivi ce principe. Deng Xiaoping a précisé que la Chine soutient les pays en développement à tout moment ; ce principe reste inchangé, mais la forme pourrait être réajustée.

Selon Wang Qinmei, dans les années 1990, l’assistance de la Chine à l’Afrique a été réajustée et améliorée. La forme d’assistance et les capitaux ont été diversifiés, ce qui peut aider efficacement l’Afrique à développer l’économie et apporter des bénéfices aux entreprises chinoises. Pendant cette période, une caractéristique visible est que la teneur scientifique et technologique est plus importante.

Quant à l’aide mutuelle sur le plan politique, selon Wang, les deux parties se soutiennent fermement. En 1989, après la crise politique suscitée et soutenue par l’Occident, les premiers chef d’État, chef de gouvernement et ministre des Affaires étrangères étrangers à visiter la Chine venaient de l’Afrique. Ils voulaient témoigner de cette façon que l’Afrique est une véritable amie de la Chine.

Dai Yan a indiqué que, après les années 1980, l’économie chinoise a connu un grand développement. Mais la Chine respecte toujours les amis et, son assistance économique aux autres pays en développement demeure sincère et sans condition. Selon l’ancien ambassadeur des États-Unis en Afrique du Sud, Princeton Lyman, la Chine attire beaucoup l’Afrique parce qu’elle peut lui fournir une protection politique exemptée de sanction internationale, et ses investissements et son assistance sont sans conditions politiques. Il n’y a donc aucune comparaison possible entre les compagnies occidentales et chinoises en Afrique.

In Africamaat

Le café africain, nouvel or noir du continent

Pre­mière den­rée agri­cole échan­gée dans le monde avec 4% du com­merce mon­dial des pro­duits ali­men­taires le café est la deuxième ma­tière pre­mière com­mer­cia­li­sé dans le monde, après le pé­trole et de­vant le blé.

En Afrique le café oc­cupe une sur­face d'en­vi­ron 3,4 mil­lions d'hec­tares. Le pre­mier pro­duc­teur afri­cain est la Côte-​d'Ivoire avec 0,26 mil­lions de tonnes, suivi de l’Ethio­pie et de l’Ou­gan­da (avec en­vi­ron 0,18 mil­lion de tonnes). Dans les pays pro­duc­teurs du conti­nent afri­cain, plus de 8 mil­lions de per­sonnes tra­vaillent à l'in­dus­trie du café.

Carte d'Afrique des pays producteurs de Café 2009

Source : In­ter­na­tio­nal Cof­fee Or­ga­ni­sa­tion


Le café, l’autre or noir

Vendu à prix d’or en Oc­ci­dent, le café afri­cain doit en­core li­vrer ba­taille pour être vendu à un prix vé­ri­ta­ble­ment équi­table même si le mar­ché est à la hausse. Ainsi au Kenya, le grade AA a grim­pé à 450 dol­lars le sac de 50 kg lors des en­chères à Nai­ro­bi mardi 26 jan­vier der­nier, contre 421 dol­lars lors des ventes pré­cé­dentes.

Quant à la Côte d’Ivoire, les sta­tis­tiques doua­nières ren­dues pu­bliques font état d’ex­por­ta­tions de café to­ta­li­sant 26 785 tonnes entre les mois d’oc­tobre à dé­cembre 2009, soit un bond de 246% par rap­port aux vo­lumes ex­pé­diés sur la même pé­riode l’année pré­cé­dente.

En Ou­gan­da, deuxième pro­duc­teur afri­cain de café et pre­mier de Ro­bus­ta, la plu­vio­mé­trie est fa­vo­rable et la ré­colte de­vrait dé­mar­rer en mai. Avec une es­ti­ma­tion de 3,4 mil­lions de sacs, la ré­colte est at­ten­due en hausse de 11,5%.


Le prix du café doit être re­va­lo­ri­sé

Dans ce pays, les im­por­ta­teurs de café et les tor­ré­fac­teurs in­ter­na­tio­naux ont ini­tié un pro­ces­sus fa­vo­ri­sant l'ac­qui­si­tion de ce pro­duit di­rec­te­ment au­près des agri­cul­teurs. Une ré­ac­tion aux dé­non­cia­tions per­sis­tantes de pra­tiques com­mer­ciales ju­gées in­équi­tables.

En Ethio­pie, le géant amé­ri­cain de la dis­tri­bu­tion de café Star­bucks et le gou­ver­ne­ment éthio­pien sont par­ve­nus à un ac­cord sur l'at­tri­bu­tion d'un label d'es­pèces uniques de café éthio­pien, met­tant fin à un li­tige entre les deux par­ties.

Les Etats-​Unis ont re­con­nus à l’Ethio­pie sa pro­prié­té in­tel­lec­tuelle sur trois va­rié­tés ca­féières uniques (Si­da­mo, Harar et Yi­ga­cheffe), ga­ran­tis­sant ainsi les droits des pro­duc­teurs éthio­piens.


Le mar­ché du luxe tire la qua­li­té du café vers le haut

L'EAFCA, une as­so­cia­tion ré­gio­nale à but non lu­cra­tif qui re­groupe l'Ou­gan­da, le Kenya, la Tan­za­nie, le Rwan­da, le Bu­run­di, la Zam­bie, le Zim­babwe, le Ma­la­wi et l'Afrique du Sud, es­time que les pro­duc­teurs, gé­né­ra­le­ment vic­times d'une ex­ploi­ta­tion, amé­lio­re­ront leurs re­cettes en re­non­çant à la pro­duc­tion d'un café de faible va­leur pour l'ex­por­ta­tion.

Pour cela, il fau­dra doter les pro­duc­teurs des com­pé­tences et du ma­té­riel né­ces­saires pour ga­ran­tir la qua­li­té. L’As­so­cia­tion des pro­duc­teurs de cafés fins de l'Afrique de l'Est a donc conclu un ac­cord avec les prin­ci­paux im­por­ta­teurs in­ter­na­tio­naux, comme Star­bucks, Neu­mann Group et 4C.

La si­gna­ture de ces pro­to­coles d'ac­cord, contraint les si­gna­taires à une série d’obli­ga­tions pré­vues afin de pro­mou­voir au ni­veau in­ter­na­tio­nal, la ré­pu­ta­tion des cafés de la ré­gion, en qua­li­té de pro­duc­teurs de cafés fins. En outre, les pro­duc­teurs ob­tien­dront un prix in­ci­ta­tif, ce qui per­met­tra d'amé­lio­rer leur ni­veau de vie en ré­dui­sant la pau­vre­té et, enfin, en ac­cé­lé­rant le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique.


Accroissement des liens économiques entre le géant brésilien et le continent africain

Accroissement des liens économiques entre le géant brésilien et le continent africain

Pre­mier pro­duc­teur de fer et deuxième groupe mi­nier mon­dial, le groupe bré­si­lien Vale pour­suit son of­fen­sive en Afrique. Déjà très pré­sent en Gui­née, au Gabon, en An­go­la, en Zam­bie et en Afrique du Sud, le groupe avait ou­vert en oc­tobre 2009 un bu­reau d’ex­plo­ra­tion en Ré­pu­blique Dé­mo­cra­tique du Congo.

Au­jourd’hui, Vale an­nonce un in­ves­tis­se­ment de 1,3 mil­liards de dol­lars pour ex­ploi­ter l’un des plus vastes gi­se­ments de char­bon du monde au Mo­zam­bique. C’est le plus im­por­tant in­ves­tis­se­ment ja­mais an­non­cé par une en­tre­prise bré­si­lienne. Un signe fort de l’in­fluence gran­dis­sante du pays sur le conti­nent afri­cain...

Des in­ves­tis­se­ments en aug­men­ta­tion constante de­puis les an­nées 2000

L’in­ves­tis­se­ment de ce géant mi­nier illustre l’in­té­rêt crois­sant du Bré­sil pour le conti­nent et la dé­ter­mi­na­tion de ses en­tre­prises à s’in­vi­ter dans la conquête des res­sources afri­caines. Certes, les in­ves­tis­se­ments bré­si­liens en Afrique ont mo­des­te­ment at­teint 10 mil­liards de dol­lars de­puis 2003. Et la pré­sence com­mer­ciale chi­noise ou in­dienne a déjà noué des liens plus étroits sur le ter­rain. Mais à l’exemple de Vale, les en­tre­prises bré­si­lienne bé­né­fi­cient du sou­tien in­con­di­tion­nel de Luiz Inácio Lula da Silva. Le pré­sident bré­si­lien s’est rendu en Afrique à huit re­prises de­puis 2003, deux fois plus que le Chi­nois Hu Jin­tao. Des liens his­to­riques, lin­guis­tiques et cultu­rels contri­buent à faire au­jourd’hui du Bré­sil un mo­dèle de dé­ve­lop­pe­ment, no­tam­ment pour les pays lu­so­phones (An­go­la et Mo­zam­bique prin­ci­pa­le­ment).

Echanges éco­no­miques en forte hausse

Pro­pul­sé par la forte de­mande bré­si­lienne en ma­tières pre­mières, le com­merce avec l’Afrique a connu une pro­gres­sion ful­gu­rante au cours de la dé­cen­nie. Les ex­por­ta­tions afri­caines vers le Bré­sil ont ex­plo­sé en at­tei­gnant 18,5 mil­liards en 2008, contre 3 mil­liards de dol­lars en 2000. Prin­ci­paux ex­por­ta­teurs vers le Bré­sil, le Ni­ge­ria, l’Al­gé­rie, mais aussi l’An­go­la, consti­tuent des sources d’ap­pro­vi­sion­ne­ment en hy­dro­car­bures de pre­mières im­por­tances pour le géant sud-​amé­ri­cain. À l’in­verse, les pro­duits ali­men­taires bré­si­liens ont trou­vé des dé­bou­chés im­por­tants, comme en Égypte. Au cours de la même pé­riode, le pays du pré­sident Lula a mul­ti­plié ses ex­por­ta­tions par huit vers le conti­nent afri­cain de­puis 8 ans.

Des échanges qui s’ac­cen­tue­ront avec l’ar­ri­vée de Vale. Le géant mi­nier dis­pose d’une conces­sion de vingt-​cinq ans dé­cro­chée en 2004. Pour ex­ploi­ter le gi­se­ment à ciel ou­vert de Moa­tize, le groupe est à l’œuvre avec l’aide du conglo­mé­rat Ode­brecht (in­gé­nie­rie, construc­tion, pé­trole, gaz, bio­car­bu­rants, chi­mie, im­mo­bi­lier…), fort d’un chiffre d’af­faires de 17,5 mil­liards de dol­lars en 2008. Pré­sent en Afrique de­puis 1984, Ode­brecht est im­plan­té dans une di­zaine de pays (Congo, RDC, Dji­bou­ti, Gabon…) et consti­tue même le pre­mier em­ployeur en An­go­la avec des ac­ti­vi­tés dans la ges­tion de su­per­mar­chés, la pro­duc­tion d’étha­nol ou de den­rées ali­men­taires.

La ré­gion de Moa­tize, dans le nord-​ouest du Mo­zam­bique, en plein dé­ve­lop­pe­ment

L’an­nonce de l’in­ves­tis­se­ment, en ges­ta­tion de­puis oc­tobre 2009, a fait de Tete une ville-​cham­pi­gnon de 150 000 ha­bi­tants vers la­quelle af­flue la main-​d’œuvre ­étrangère et où s’im­plantent de pe­tites en­tre­prises en quête d’op­por­tu­ni­tés grâce à l’in­ves­tis­se­ment bré­si­lien. « Chaque fois que je viens ici, c’est de plus en plus dif­fi­cile. C’est sans doute ce qu’a connu Jo­han­nes­burg au mo­ment du Gold Rush », ob­serve An­to­nio Cou­tin­ho, di­rec­teur d’une banque sud-​afri­caine contri­buant au fi­nan­ce­ment de cet in­ves­tis­se­ment, qui doit trans­fi­gu­rer l’éco­no­mie du Mo­zam­bique et mettre un terme à la dé­pen­dance du pays à l’aide in­ter­na­tio­nale.

Dans un pre­mier temps, la pro­duc­tion an­nuelle de­vrait at­teindre 11 mil­lions de tonnes, dont six à huit mil­lions ex­por­tées. Ce qui his­se­ra le Mo­zam­bique au deuxième rang des pro­duc­teurs de char­bon du conti­nent, der­rière l’Afrique du Sud. Dans un se­cond temps, les Bré­si­liens en­vi­sagent de pro­duire 24 mil­lions, voire 40 mil­lions de tonnes par an.

jeudi 4 février 2010

Où passe l’or du Mali ?


La mafia fait main basse sur les mines d’or du Mali

Source : Mondialisation.ca

Les 690 milliards CFA, versés au Trésor public par les multinationales et après neuf ans d’exploitation des quatre mines industrielles du Mali, ne représentent que 30 % seulement de la valeur des exportations d’or.
Selon le rapport d’enquête de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), c’est l’équivalent des dépenses du gouvernement dans les domaines de la Santé et de l’Education pour deux ans. C’est aussi la valeur de l’or de la seule mine de Sadiola, commercialisé entre 1997 et 2002 (614,8 milliards CFA).
Plus grave, les données publiées par les compagnies minières diffèrent, largement, des chiffres officiels.
Autre indice : à en croire le rapport d’enquête de la FIDH, les coûts de production de l’or malien sont les plus bas d’Afrique. Un exemple : pour extraire une tonne de minerai les multinationales dépensent 1,27 dollars. Pour la traiter, elles dépensent 7,28 dollars, auxquels s’ajoutent les coûts administratifs : 3,75 dollars par tonne et les taxes et redevances estimées à 23,8 dollars par once d’or. Au total, le coût opérationnel d’une tonne d’or au Mali est de 95 dollars l’once.
Avec un cours de l’or, toujours en hausse, et des coûts de production maintenus à un faible niveau, les bénéfices réalisés, par les multinationales, sur l’or malien ne cessent de croître : 108 dollars sur l’once d’or en 2003 ; 230 dollars sur l’once en 2004 et 245 dollars sur l’once en 2005.
Alors question : à qui profite l’or du Mali ?
L’Etat malien et la portion congrue
Le conflit qui a opposé, durant deux ans, l’administration fiscale malienne aux compagnies minières, témoigne des difficultés du gouvernement malien à défendre ses intérêts, face à la machine corruptrice des multinationales.
Selon un audit publié en décembre 2003, les mines de Sadiola et de Yatela devraient, à l’Etat malien, environ 15,6 millions de dollars, au titre des taxes sur les bénéfices impayées et les pénalités afférentes entre 2000 et 2002.
Mais les directions de ces mines ont discuté avec les conseils fiscaux et ont conclu que toutes les taxes avaient été payées. Curieusement. Et, pire, que le rapport d’audit était sans fondement.

En fin de compte, l’Etat malien n’obtient qu’un tiers des sommes dûes par ces compagnies minières : 5,2 millions de dollars, alors qu’elles devaient au trésor public la bagatelle de 15,6 millions de dollars.
Pour que l’or brille pour tous les maliens, une seule solution : renégocier les contrats avec les multinationales, après un nouvel audit de toutes les mines industrielles.
Prévue, il a cinq ans, la signature des contrats d’audit est, sans cesse, reportée. Pourquoi ? Seul Abou –Bakar Traoré, Ministre des Finances, peut y répondre.
Les compagnies minières, prises en flagrant délice de … vol
Qu’elles soient sud –africaines, canadiennes, suisses ou anglo –saxonnes… les sociétés minières décrochent, pour une bouchée de pain, d’importantes concessions. Sous prétexte, qu’elles sont les seules à pouvoir installer les infrastructures, permettant l’extraction du métal jaune malien, à l’échelle industrielle.
Elles s’accaparent de superficies de terres, dépassant, parfois, celles autorisées par leurs contrats, sur lesquelles elles érigent des forteresses impénétrables, dirigées par des sud–africains, qui imposent leurs conditions de travail à la main d’œuvre locale.
Mais de ces millions de dollars, extraits chaque mois de notre sous –sol, le Trésor public ne perçoit que des broutilles, dont l’Etat malien se contente. Curieusement.
Alors question : l’or, une malédiction pour le Mali ? Enquête.
Des villages disséminés dans la brousse, des champs de mil et de coton, abandonnés aux maigres troupeaux de bœufs, de moutons et de chèvres…
La vie est loin d’être rose pour les paysans et éleveurs de la localité de Bougouni.
Et pourtant, c’est ici qu’a été inaugurée, le 15 février 2001, l’usine d’exploitation de la mine d’or de Morila. Avec une réserve, estimée à plusieurs centaines de tonnes, ce site minier est réputé, comme le plus prometteur des mines répertoriées dans le Kénédougou.
C’est la compagnie sud –africaine, Anglogold qui l’exploite. Avec un rendement moyen de 19 tonnes d’or par an.
Si la gestion de cette mine est réputée rigoureuse, avec parfois des méthodes dignes, du régime de l’apartheid, les responsables d’Anglogold accordent peu d’intérêt à la protection de l’environnement.

Vue partielle de la Mine d’or de Morila (Mali)
Depuis sept ans, l’ONG « Guamina » tente d’alerter les pouvoirs publics sur les risques encourus par les populations. En vain !
Pour museler les populations, au bord de la révolte, la direction d’Anglogold a électrifié certains villages, installé un réseau d’adduction d’eau et fait construire quelques salles de classe pour pouvoir scolariser les enfants sur place.
Geste de solidarité ou rachat du silence des populations locales ?
Une certitude : selon les études menées sur le terrain par l’ONG « Guamina », les eaux souterraines de Morila sont contaminées par le cyanure. La flore, aussi.
Contrats flous, manque de transparence.
Mais, à côté de la mine industrielle, même les éleveurs ont appris, à leurs dépens, à se méfier du « gaz qui tue ». « Il y a eu, il y a quelques années, un écoulement. Une demi–douzaine de bœufs ont péri », raconte un éleveur de Morila.
Avant de formuler un souhait : celui de voir les autorités maliennes ouvrir une enquête, sur l’impact de l’usine de Morila sur leur environnement.
Face au mirage des milliards, générés par le métal jaune, de nombreux problèmes liés à l’exploitation de l’or, par les sociétés minières, demeurent : destruction de la flore et de la faune, fragilisation des sols, dispersion du cyanure dans la nature, contamination des hommes et des animaux.
Après inspection de la mine de Sadiola, l’ONG « Guamina » est parvenue à la même conclusion à Morila : la contamination des eux souterraines par le cyanure.
La ruée des sociétés minières vers l’or malien s’explique par la politique d’attraction, initiée par le gouvernement malien. C’était dans les années 1990.
Des multinationales, comme Anglogold, Rangold, Iamgold, Nevsun Resources, African Metals Corps…s’arrachent des concessions pour l’exploitation de l’or malien.
Mais le manque de transparence, dans l’établissement des contrats, le non –respect du code minier par les multinationales, et les conditions réelles d’exploitation du sous –sol malien rendent difficile le contrôle de ces compagnies minières. Selon une source proche de la Direction Nationale de la Géologie et des Mines, l’Etat malien exerce un contrôle lointain sur les multinationales : « Ce sont elles qui exploitent et qui commercialisent l’or du Mali » explique t –il.
Conditions de travail, dignes du régime de l’apartheid
Aux contrats flous, s’ajoutent les compagnies minières fantômes, qui siphonent de l’or malien. C’est le cas de la multinationale AXMIN, prospectant, non loin de Sadiola, à la frontière avec le Sénégal.
Dirigée par un suisse, jean –Claude Gandur, la Compagnie a obtenu quatre concessions d’exploitation dans la zone de Kofi (règion ouest du Mali). Avec des intérêts qui donnent froid dans le dos.
Bref, l’or du Mali profite, largement, aux multinationales qui décrochent, pour une bouchée de pain, d’importantes concessions. Sous prétexte, qu’elles sont les seules à pouvoir installer les infrastructures, permettant l’extraction de l’or à l’échelle industrielle.
Les usines de traitement du minerai s’accaparent de superficies de terres, dépassant celles autorisées par leurs contrats, sur lesquelles elles érigent des forteresses impénétrables, dirigées par des sud –africains, qui imposent leurs conditions de travail à la main d’œuvre locale.
Certaines multinationales ont, parfois, recours à des méthodes de travail dignes du régime de l’apartheid. Comme l’a démontré, Camille Vitry, dans son film intitulé : « le prix de l’or », présenté au forum des peuples, tenu à Kita.
Le second dégât, causé à notre pays, par les multinationales, est d’ordre financier.
En neuf ans d’exploitation de nos mines, c’est-à-dire entre 1997 et 2005, les quatre mines industrielles du Mali n’ont rapporté que 690 milliards CFA à l’économie malienne. Soit, 76 milliards CFA par an.
L’Or du Mali, pillé par les multinationales
De ce pactole, l’Etat malien n’a touché que 49,4 %, l’équivalent de 341,7 milliards CFA. Le reste, c’est-à-dire 294 milliards CFA (42,6 %) est reparti entre les fournisseurs : carburant, matériel de bureau, lubrifiants etc…
S’y ajoute la part des salariés qui, durant ces neuf années, n’ont touché que 45 milliards CFA. Soit 6,5 % seulement de la rente minière. Quant aux populations locales, premières victimes du cyanure, elles n’ont bénéficié que de 9,2 milliards CFA. L’équivalent de 1,3 % de la rente minière.
Selon le rapport d’enquête de la Fédération Internationale des Droits de l’homme (FIDH), l’or malien profite, seulement, aux multinationales.
« Le Mali a offert aux investisseurs internationaux un environnement propice à leur enrichissement, mais qui ne garantit, ni le respect des droits fondamentaux, ni l’amélioration, à long terme, des conditions de vie de la population », précise le rapport de la FIDH. Car, dit –elle, les multinationales maximisent leur profit, avec la complicité d’un Etat, qui ne peut ou ne veut contrôler leurs activités. Un Etat qui, toujours selon le rapport d’enquête de la FIDH, ne peut obliger les sociétés minières à respecter leurs obligations, en matière de droits de l’Homme et de protection de l’environnement. Et le rapport d’enquête de la FIDH de conclure : « le Mali, pauvre d’entre les pauvres d’Afrique Sub–saharienne, a offert aux investisseurs internationaux un environnement propice à leur enrichissement, avec des coûts d’exploitation parmi les plus bas du monde, au détriment du sien », nous y reviendrons, dans nos prochaines éditions.
Le mal frôle la gangrène
Notre pays a mal partout. A son administration, gangrenée par la corruption et le népotisme. A ses finances publiques, saignées à blanc, par les « saigneurs de la Rue publique », qui semblent bénéficier d’une immunité à vie.
A sa justice, « indépendante de tout, sauf de l’argent sale », selon la formule, désormais, célèbre de Me Fanta Sylla, ex –Garde des « Sôts ».
A son école, au sein de laquelle, Enseignants, Elèves et Etudiants sont victimes des NST : les notes sexuellement transmissibles.
Le Mali a mal à ses cadres, dont la devise est, désormais, « bouffe et tais –toi ». A ses Ministres, plus soucieux de leur toilette, que de la misère du peuple.
En un mot comme en cent, le Mali a mal partout. Pire, le mal frôle la gangrène. Partout le même constat, l’amer constat : les maliens se croient, aujourd’hui, sans avenir.
Or, être sans avenir, c’est mourir un peu. C’est mourir tout court.
Le hic qui fait tic, c’est que rien n’est entrepris, par les princes qui nous gouvernent, pour désamorcer la colère de nos populations. Le réveil risque d’être brutal. Très brutal. A bon entendeur…

In Africamaat

lundi 21 décembre 2009

Les Européens sont-ils les introducteurs de la civilisation en Afrique noire ?

Lettre ouverte à la croyance populaire européenne qui soutient cette ineptie !


Madame, Monsieur,

Vous êtes nombreux à penser que la traite et la colonisation ont eu pour heureuse issue, l’introduction des rudiments de la civilisation en Afrique noire (sic). Puis-je d’ailleurs vous en vouloir de croire que les Européens qui débarquèrent sur le continent africain ne rencontrèrent que des sauvages sanguinaires ? En fait, tout a été entrepris, au mépris de la vérité historique, pour que vous ayez cette opinion.
Ainsi, si on tient compte des manuels et des documentaires diffusés en occident, les peuples africains n’auraient eu, à travers les âges, que la hutte pour modèle d’habitation. Il s’agit pour les tenants de cette idéologie, de ternir l’image des personnes d’ascendance africaine en maintenant vivaces les idées héritées de l’époque coloniale.


LA HUTTE, SEUL TYPE D’HABITAT VISIBLE DANS LES DOCUMENTAIRES.


En fait, depuis l’époque des Lumières, les personnes d’ascendance africaine, sont l’objet d’une campagne de désinformation historique dans le but de nuire d’une part à leur image et d’autre part, de justifier le colonialisme et son frère jumeau, le néo-colonialisme. Dès le XVIIIème siècle, les Gobineau, Hume, Kant, Renan et autres Hegel échafaudaient leurs pseudo-théories de l’infériorité des races humaines non blanches dans le but de justifier le maintient de la traite négrière européenne. "L’esclavage est le meilleur des moyens pour permettre aux africains d’accéder à la civilisation (sous-entendu occidentale)", disait-on. Vous en conviendrez de l’absurdité d’une telle déclaration qui fut pourtant reprise, même par les plus hautes autorités ecclésiastiques.

Arrachées à leur terre ancestrale ou terrorisées sur place, les personnes d’ascendance africaine furent la cible des missionnaires et autres enseignants coloniaux qui œuvrèrent pour leur inculquer ces pensées inhumaines dans le but de forcer leur capitulation et résignation. Une fois parents, ils ont consciemment ou non, transmis ces mêmes pensées néfastes à la génération suivante. Vous commencez donc à comprendre pourquoi aucune campagne actuelle contre le racisme ne s’attaque réellement aux fondements même du racisme.

Vous nous direz que vous ne faites que répéter les informations diffusées par les médias (radio, TV, presse...) qui soutiennent que la traite et la colonisation ont eu pour finalité d’introduire la civilisation en Afrique noire. Nous vous dirons alors que vous avez jusqu’ici entendu ce que nous appelons communément "la version du descendant de négriers européens". Mais avez-vous tendu ne serait-ce qu’une seule fois, l’oreille à la version des descendants des victimes ? Vous êtes-vous intéressés aux ouvrages des historiens africains, africains-caribéens ou africains-américains traitant de cette même question ? Malheureusement non ! Et vous pensez détenir la vérité historique ?

1- A la base, qui a civilisé qui ?
Telle est la première question qu’il convient de se poser car l’homme moderne (Homo Sapiens Sapiens) même à la base, est parti déjà d’Afrique noire. Mais si on examine à la loupe, les témoignages des anciens, on constate que ce que nous nommons la CIVILISATION est née en Afrique noire vers 3 200 avant J.C. avec l’unification de la Haute et de la Basse Egypte par un pharaon soudanais du nom de Narmer. Les anciens africains nous ont d’ailleurs laissé une magnifique sculpture en calcaire de son visage qui dévoile ses traits africains. Dès cette époque les éléments de la civilisation ont été matérialisés en Afrique (écriture (papier vient de papyrus), mathématique, architecture, médecine, etc.) et les Grecs qui vinrent très longtemps après, se sont contentés, soit de traduirent les textes scientifiques égyptiens en leur langue, soit d’étudier sous la direction des prêtres égyptiens (Pythagore a par exemple étudié les mathématiques pendant 22 ans en Afrique), soit de recevoir sur place, l’initiation à la civilisation.
Voyons ensemble, quelques déclarations de vos propres ancêtres qui confirment ces points.
« C’est ce qu’attestent unanimement les plus sages d’entre les Grecs. Solon, Thalès, Platon, Eudoxe, Pythagore et suivant quelques-uns, Lycurgue lui-même, qui voyagèrent en Egypte et y conférèrent avec les prêtres du pays. On dit qu’Eudoxe fut instruit par Conuphis de Memphis, Solon par Sonchis de saïs, Pythagore par Enuphis l’Héliopolitain" . Cette déclaration, nous la devons au grec Plutarque (50 - 125 après J. C.) dans son Traité sur Isis et Osiris. Au passage, nous le remercions de nous donner le nom des certains enseignants africains des savants grecs, "fut instruit par"...
Diodore de Sicile, nous dit encore à propos de Pythagore [1] :
"Pythagore a appris des Egyptiens sa doctrine sur la parole sacrée, la géométrie, les nombres et aussi la transmigration de l’âme qui passe en toute espèce animale".
Platon confirme enfin à propos de Thalès, qui fit partie des Septs Sages de la Grèce [2] :
"Thalès, fils d’Examyas, de Milet, Phénicien d’après Hérodote. Il porta le premier le nom de Sage. En effet, il trouva que l’éclipse du soleil provient de ce que la Lune lui fait écran ; il fut le premier Grec à découvrir la Petite Ourse, les solstices et la taille ainsi que la nature du soleil. L’eau est le principe des éléments. Il reçut en Egypte l’éducation des prêtres".
Si vous souhaitez découvrir plus d’une centaine de témoignages de ce type avec toutes les références (bien entendu), je vous invite à lire l’ouvrage : L’origine négro-africaine du savoir grec, Jean Philippe Omotunde, éd. Menaibuc [3].

2- Pourquoi cache-t-on les grands royaumes de l’Afrique impériales ?



VUE AERIENNE DU ROYAUME DE ZIMBABWE

C’est à vous que revient le privilège de trouver la réponse à cette question, moi, je vous donnerai les faits. Avant et pendant la conquête d’un territoire, on envoyait généralement des éclaireurs (voyageurs, explorateurs, militaires...) chargé de dresser l’état des lieux et d’observer l’ennemi. Nous disposons donc de bon nombre de rapports fait par ces observateurs européens de l’époque. Mais, faisons d’abord une mise au point avant de passer aux témoignages.
Je ne renie pas l’existence en Afrique de peuples qui selon vos critères arbitraires, seraient classés comme non civilisés à l’époque précoloniale. Mais je tiens à vous rappeler que les continents sur cette planète, ont toujours connu, peu importe l’époque, un niveau de développement très inégal entre tous les peuples qui y habitent. Mais, lorsqu’il s’agit de l’histoire de l’Europe, vos historiens ne retiennent que les civilisations les plus grandioses et les peuples européens non civilisés sont tout simplement ignorés.
Vis à vis de l’Afrique noire, l’exercice est inversé. On passe sous silence les civilisations les plus avancées et on sur-médiatise les quelques peuples les moins civilisés. Dans quel but ?



UNE DES PORTES D’ACCES DU ROYAUME DE ZIMBABWE

Le Bulletin de la Société de Géographie édité à Paris en 1837 dit ceci :
"Sur la rive gauche du fleuve Sénégal, on rencontre plus de Nègres sachant lire et écrire l’Arabe - qui est pour eux une langue morte et savante - que l’on trouverait dans nos campagnes de paysans (français) sachant lire et écrire".
Le testament de l’ethnologue allemand Léo Frobénius (1873-1938), auteur d’une douzaine d’expéditions en Afrique noire entre 1904 et 1935, résume parfaitement la problématique ( [1] :
"Lorsqu’ils (les navigateurs européens) arrivèrent dans la baie de Guinée et abordèrent à Vaïda, les capitaines furent fort étonnés de trouver des rues bien aménagées bordées sur une longueur de plusieurs lieues par deux rangées d’arbres : ils traversèrent pendant de longs jours une campagne couverte de champs magnifiques, habités par des hommes vêtus de costumes éclatants dont ils avaient tissé l’étoffe eux-mêmes ! Plus au sud, dans le Royaume du Congo, une foule grouillante habillée de soie et de velours, de grands Etats bien ordonnés et cela dans les moindres détails, des souverains puissants, des industries opulentes. Civilisés jusqu’à la moelle des os ! Et toute semblable était la condition des pays à la côte orientale, la Mozambique, par exemple".



VUE DU MUR DU CHATEAU FORT DE ZIMBABWE

Ce texte vous permet d’apprécier la situation réelle à l’intérieur des terres. Et il poursuit :
"Les révélations des navigateurs portugais du XVème au XVIIIème siècle fournissent la preuve certaine que l’Afrique nègre qui s’étendait au sud de la zone désertique du Sahara était encore en plein épanouissement, dans tout l’éclat de civilisations harmonieuses et bien formées. Cette floraison, les conquistadores européens l’anéantissaient à mesure qu’ils progressaient. Car le nouveau pays d’Amérique avait besoin d’esclaves et l’Afrique en offrait : des centaines, des milliers, de pleines cargaisons d’esclaves ! Cependant, la traite des Noirs ne fut jamais une affaire de tout repos ; elle exigeait sa justification ; aussi fit-on du Nègre un demi-animal, une marchandise. Et c’est ainsi que l’on inventa la notion du fétiche (portugais : feticeiro) comme symbole d’une religion africaine. Marque de fabrique européenne ! Quant à moi, je n’ai vu dans aucune partie de l’Afrique nègre, les indigènes adorer des fétiches (...) L’idée du "Nègre barbare" est une invention européenne qui a, par contre coup, dominé l’Europe jusqu’au début de ce siècle".

Et il ajoute encore :
« En 1906, lorsque je pénétrais dans le territoire de Kassaî Sankuru, je trouvai encore des villages dont les rues principales étaient bordées de chaque côté, pendant des lieues, de quatre rangées de palmiers et dont les cases, ornées chacune de façon charmante, étaient autant d’œuvres d’art. Aucun homme qui ne portât des armes somptueuses de fer ou de cuivre, aux lames incrustées, aux manches recouverts de peaux de serpents. Partout des velours et des étoffes de soie. Chaque coupe, chaque pipe, chaque cuiller était un objet d’art (...) En était-il autrement dans le grand Soudan ? Aucunement (...) L’organisation particulière des Etats du Soudan existait longtemps avant l’Islam, les arts réfléchis de la culture des champs et de la politesse... les ordres bourgeois et les systèmes de corporation de l’Afrique Nègre sont plus anciens de milliers d’années qu’en Europe (...) C’est un fait que l’exploration n’a rencontré en Afrique équatoriale que d’anciennes civilisations vigoureuses ». [2]

CONCLUSION :

Si on admet que l’intelligence humaine est universelle, reconnaissons le pour tout le monde, sans distinction de race ou d’origine ethnique. Toute attitude contraire dévoile, n’est-ce pas, un certain manque de respect pour l’humanité !

Source Africamaat

dimanche 20 décembre 2009

L’Afrique précoloniale était-elle exclusivement sauvage ?

Les films et autres documentaires occidentaux, relatifs à l’Afrique précoloniale et coloniale, nous renvoient en général une vision uniforme des sociétés africaines. Pour résumer, celles-ci sont exclusivement présentées à l’état sauvage. On est donc en droit de se demander si ces films ne relèvent pas tout simplement de la propagande coloniale.

1- Généralités

Les sujets diffusés par les documentaires ou les films occidentaux se bornent à véhiculer presque mécaniquement, l’image d’une Afrique précoloniale essentiellement primitive, peuplée de sociétés aux mœurs barbares.
On aurait pu penser, peut être naïvement, que la fin des colonies aurait indubitablement engendré l’émergence d’une certaine objectivité dans le traitement médiatique de l’histoire africaine. En fait, il n’en est rien car le colonialisme ayant cédé le pas au néocolonialisme (sa sœur jumelle), le besoin de justification de l’occident, est resté le même.

Dès lors, il nous revient de prendre conscience de l’effet néfaste de ces images sur les consciences des jeunes générations panafricaines et surtout de leur permettre d’accéder à une documentation plus objective afin qu’ils se fassent leur opinion de façon autonome.

2- Les témoignages des explorateurs

Nous disposons aujourd’hui de nombreux témoignages d’explorateurs étrangers qui nous permettent de nous faire une idée des habitudes vestimentaires des sociétés africaines précoloniales. Qualité des tenues vestimentaires rimant avec niveau civilisationnel, nous pouvons dès lors apprécier de façon plus précise, l’état des sociétés de l’Afrique précoloniale.

Commençons donc avec l’ethnologue allemand Léo Frobenius (1873-1938). Celui-ci a entrepris près d’une douzaine d’expéditions en Afrique noire entre 1904 et 1935. C’est donc un témoin oculaire qui nous a légué de précieuses descriptions des habitudes vestimentaires de bon nombre de peuples africains. Il raconte par exemple ceci [1] :
« En 1906, lorsque je pénétrai dans le territoire de Kassaî Sankuru, je trouvai encore des villages dont les rues principales étaient bordées de chaque côté, pendant des lieues, de quatre rangées de palmiers et dont les cases, ornées chacune de façon charmante, étaient autant d’œuvres d’art.
Aucun homme qui ne portât des armes somptueuses de fer ou de cuivre, aux lames incrustées, aux manches recouverts de peaux de serpents. Partout des velours et des étoffes de soie. Chaque coupe, chaque pipe, chaque cuiller était un objet d’art (...) En était-il autrement dans le grand Soudan ? Aucunement (...) L’organisation particulière des Etats du Soudan existait longtemps avant l’Islam, les arts réfléchis de la culture des champs et de la politesse... les ordres bourgeois et les systèmes de corporation de l’Afrique Nègre sont plus anciens de milliers d’années qu’en Europe (...)
C’est un fait que l’exploration n’a rencontré en Afrique équatoriale que d’anciennes civilisations vigoureuses ».

Un autre témoignage émanant du voyageur portugais Ca da Mosto à propos de la Gambie, fait au 15ème siècle, nous renseigne encore sur l’état des sociétés précoloniales [2] :
"Les gens (...) nous semblaient... très noirs, tous vêtus de chemisolles blanches de coton (...) plusieurs noirs (...) se transportèrent dans nos caravelles, les uns pour voir des choses nouvelles, les autres pour nous vendre des anneaux d’or et quelques petites besognes desquelles ils usent entre eux comme chemisolles, filets, drap de coton, tissus à la mode, les uns blancs, les autres bigarrés de verd blanc et bleu, et d’autres encore de rouge blanc et bleu, fort bien faits".
O. Dapper, un hollandais célèbre pour ses descriptions des sociétés africaines, nous révèle encore de nouvelles informations cruciales à propos des habitudes vestimentaires des habitants de la Volta, du Monomotapa et de la Guinée [3] :
« Dans l’Aboréa, proche de la Volta, tous les hommes parmi les Nègres portent une robe de toile de coton... et les femmes portent une robe faite à peu près comme celle des hommes (...)

Au Monomotapa, les rois ne changent point de mode, ils portent une robe longue d’un drap de soie tissu dans le pays ; ils portent au côté une serpe emmanchée d’ivoire (...) Les gens du commun s’habille de toile de coton et les grands, d’indiennes brodées d’or (...) Les habitants du royaume de Guinée échangent les toiles qu’ils font (avec leur coton ) (...)
Les Nègres de Wanqui ont de l’or et savent faire de forts jolis habits dont ils trafiquent avec les Acanistes ».

Au 16ème siècle, le célèbre voyageur arabe, Léon l’Africain, dont le vrai nom est en fait Hassan Ibn Mohamed el Wazzan ez Zayatte, nous a dressé, une rapide description des habitants du Dongola :
« Les habitants sont riches et civilisés, parce qu’ils font le commerce des étoffes, des armes et de diverses autres marchandises en Egypte ».
Cependant, l’explorateur arabe Ibn Batouta qui visita le Soudan en 1352, nous a légué une remarque intéressante sur l’intérêt de certains peuples africains pour la science [4] :
« Les habitants de Zâghah ont (...) beaucoup de zèle pour l’étude de la science ».
Il poursuit son récit par une description des séances publiques du roi Mandingue Soleiman Mança [5] :
"Le Sultan se tient très souvent assis dans une alcôve communiquant par une porte avec le palais. Du côté du michouer, cette alcôve a trois fenêtres en bois revêtues de lames d’argent et au-dessous, trois autres garnies de plaques d’or ou de vermeil. Ces fenêtres sont cachées par des rideaux qu’on relève aux jours de séance pour qu’on sache que le Sultant doit s’y trouver.
Quand il s’assoit, on passe à travers le grillage d’une des fenêtres, un cordon de soie auquel est attaché un mouchoir à dessin de fabrique égyptienne et aussitôt que le peuple l’aperçoit, on fait résonner les tambours et les cors (...) Dougha l’interprète se tient debout à la porte donnant sur le michouer, revêtu de riches habits de zerdkana et d’autres étoffes. Il est coiffé d’un turban à franges, façonné d’une manière très élégante d’après la mode du pays ; il porte à son côté, un épée à fourreau d’or ; il a pour chaussure, des bottes, privilège dont personne autre que lui ne jouit en ce jour ; il porte des éperons et tient en mains deux javelots, l’un d’or et l’autre d’argent, garnis de pointes de fer.
Les soldats, les fonctionnaires civils, les pages, les messouflits et toutes les autres personnes, restent au dehors du michouer dans une large rue plantée d’arbres (...) Chaque ferrari a un carquois au dos et un arc à la main ; il est à cheval et ses subordonnés, tant fantassins qu cavaliers, se placent devant lui....

Enfin terminons l’exploration de ces récits avec Léo Frobenius qui nous livre encore son appréciation des habitudes vestimentaires de certaines populations africaines de l’époque pré-coloniale [6] :
"Lorsqu’ils (les navigateurs européens) arrivèrent dans la baie de Guinée et abordèrent à Vaïda, les capitaines furent fort étonnés de trouver des rues bien aménagées bordées sur une longueur de plusieurs lieues par deux rangées d’arbres : ils traversèrent pendant de longs jours une campagne couverte de champs magnifiques, habités par des hommes vêtus de costumes éclatants dont ils avaient tissé l’étoffe eux-mêmes !
Plus au sud, dans le Royaume du Congo, une foule grouillante habillée de soie et de velours, de grands Etats bien ordonnés et cela dans les moindres détails, des souverains puissants, des industries opulentes. Civilisés jusqu’à la moelle des os ! Et toute semblable était la condition des pays à la côte orientale, la Mozambique, par exemple".

3- Conclusion :

La plupart des explorateurs cités sont des témoins oculaires. Leurs témoignages sont donc d’une importance capitale pour apprécier les degrés d’avancement des sociétés africaines précoloniales.
Ainsi, l’Afrique précoloniale a donc été habitée par des populations qui vivaient à des degrés variés de civilisation. Mais cette situation n’est pas exclusivement africaine puisque qu’à la même époque en Europe, il existait aussi des populations primitives. D’ailleurs, à toutes les époques historiques, ce fut le cas et cela pour tous les continents.

Par exemple, les sociétés gauloises étaient considérées comme primitives par les Romains.